2010-06-17_Points sur les accueils de classe en médiathèques

 

Les accueils de classe en médiathèques

 pratiques et questionnements

 

Les accueils de classe et le Réseau des médiathèques de Clamart : état des lieux 

            Le Réseau des médiathèques de Clamart est constitué de deux médiathèques et de deux bibliothèques de quartier pour une population de 51 572 habitants.

Le nombre d’enfants inscrits dans le Réseau et scolarisés à Clamart représente en moyenne 50 % des effectifs scolaires (entre la maternelle et le collège).

Les accueils de classe proposés par le Réseau s’adressent exclusivement, mais de manière exhaustive, à toutes les écoles maternelles et primaires de la ville, selon différentes formules, ponctuelles ou plus régulières, pouvant aller de la simple visite découverte de la médiathèque, à l’initiation à la recherche documentaire, à la musique et aux genres musicaux, en passant par des temps de lectures/découverte d’albums ou du conte, des ateliers scientifiques ou d’écriture poétique, des accueils sur projet, jusqu’à la rencontre d’auteurs et d’illustrateurs dans le cadre du Prix littéraire des écoles dans lequel nous sommes partie prenante.

Depuis la rentrée 2009, ces différentes formules sont adressées en début d’année scolaire à tous les directeurs d’écoles, sous forme de fiches d’inscription explicitant la formule mais également les créneaux horaires et le niveau de classe concerné. Il est demandé par ailleurs aux enseignants intéressés de bien vouloir choisir la médiathèque dans laquelle ils souhaitent être reçus.

Toujours depuis la rentrée 2009, et afin de rééquilibrer légèrement les niveaux de classe reçus[1], il a été fait appel à des animateurs extérieurs dans le cadre des manifestations de La Science se livre et du Printemps des poètes en février et mars derniers.

Accueils qui ont été proposés aux primaires, et tout particulièrement aux CM.

Cette méthode de communication appliquée à l’échelle d’un Réseau offre deux avantages, puisqu’elle permet à la fois d’avoir une offre et un discours commun et cohérent, tout en permettant aux responsables de chacune des sections Jeunesse de conserver une certaine autonomie et souplesse dans la gestion de leur planning, en fonction des demandes bien entendu, mais aussi de leur équipe et selon des stratégies différenciées, qui tiennent compte de leur environnement et de l’implantation de chacune des bibliothèques dans leur quartier - environnement qui influe très largement sur les demandes et les attentes exprimées par les écoles.

A titre d’exemple, la médiathèque François Mitterrand située dans le quartier du Haut-Clamart où la population reste moins favorisée que celle du centre ville, vise très nettement l’accueil des maternelles et la régularité des visites afin de créer une certaine familiarité des enfants avec le lieu, et ce dès leur plus jeune âge. A la médiathèque Buanderie, les habitus en matière de lecture publique sont plus généralement acquis, et les demandes scolaires sont beaucoup plus centrées sur des accueils sur projets.

Voilà très brièvement pour ce qui concerne l’exemple du Réseau des médiathèques de Clamart, où les accueils de classe font donc très largement partie du paysage et de l’activité des sections Jeunesse.

Accueils de classe auxquels les bibliothécaires sont par ailleurs très attachées.

Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de questions et de problématiques se posent et il n’est pas toujours facile de trouver le bon équilibre entre le plaisir du partage indispensable à tout bon accueil, et la nécessaire analyse de ses pratiques.

 

C’est en cela que la rencontre d’aujourd’hui prend tout son sens.

 

Les accueils de classe en médiathèque 

Ou comment mettre en question sans remettre en cause ? 

Tout d’abord, les accueils de classe sont mobilisateurs de temps et d’énergie pour un impact qui reste très difficile à évaluer.

En tant que coordinatrice, si l’évaluation quantitative, reste relativement aisée, l’évaluation qualitative semble par contre plus difficile à réaliser.

Quel impact en effet en sur la fréquentation individuelle ?

Quel bénéfice pour le jeune, en terme d’habitus, d’appropriation du dispositif médiathèque, d’accès au savoir et à la culture ?

La question est ouverte.

Deuxièmement, la question des contenus qui peuvent être très variables selon les bibliothécaires, leur niveau de formation, leur degré d’expertise, leur spécialisation, leur goût, se pose également ; et au-delà de cette question des contenus, celle de leur renouvellement et de leur « adaptabilité », à une époque où notre profession est entrée de plein pied dans l’ère numérique ; où nos espaces, nos collections et nos services doivent s’adapter à ces évolutions.

Quelle place en effet pour les supports multimédia et l’Internet en tant que nouvelle façon d’accéder au savoir par exemple ?

A cet égard, il n’est d’ailleurs pas anodin de préciser que le support livre et tout particulièrement la fiction jouissent d’une place préférentielle dans le cœur des bibliothécaires Jeunesse.

Est-ce réellement problématique ? Toujours est-il que la fiction à elle seule n’est pas tout à fait représentative d’une médiathèque d’aujourd’hui.

La question des tranches d’âge se pose également.

Dans un article de la revue des livres pour enfant consacré à la médiation pour les 8-12 ans en médiathèque, il est dit en préambule que les accueils de classe connaissent un pic au niveau du cycle 3.

A Clamart, il est intéressant de noter que les accueils de classes décroissent à mesure que les enfants grandissent et qu’en dehors de l’aide aux devoirs, qui est proposée par des animateurs de la ville, l’accueil des collégiens est inexistant, du moins pour l’instant.

D’autre part, la question des contenus nous renvoie indiscutablement à celle de la collaboration entre les Institutions Ecole / Bibliothèque, et les professionnels Enseignants / Bibliothécaires.

Et quand bien même la collaboration existe, se pose la question de notre rôle en matière d’éducation, de continuité, ou de non continuité, avec les programmes pédagogiques…

Enfin, il semble qu’une certaine forme d’ambiguïté de la part des bibliothécaires se manifeste parfois à l’égard des accueils de classe.

Car si l’attachement à la dimension de lecture plaisir et à ce type d’accueils reste tout à fait réel, une certaine forme de routine, pour ne pas dire de lassitude, bien légitime au demeurant, semble poindre de manière sous-jacente.

Lassitude qui peut être notamment alimentée par une certaine forme de « surenchérissement » mené par des responsables ou des élus trop attentifs à des résultats chiffrés, mais vides de sens.

Une toute dernière question se pose alors : faut-il faire nécessairement des accueils de classe pour être un(e) bon(ne) bibliothécaire Jeunesse ?

Autrement dit, l’accueil de classe est-il consubstantiel  au métier de bibliothécaire Jeunesse ?



[1] En 2009 à Clamart : 205 accueils de classes avec intervention des bibliothécaires, soit 4406 enfants reçus + 8 rencontres de classes proposées dans le cadre du Prix littéraire des écoles en  présence d’un auteur jeunesse , soit 150 enfants touchés.

La répartition en terme de niveau de classe s’est faite de la manière suivante : 81 % de classes maternelles – 12 % CP-CE1-CE2 – 7 % CM1-CM2

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