Commission Petits éditeurs - été 2017

Commission Petits éditeurs BiB92 – Sélection été 2017

Sélection été 2017

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Louise, veuve, et son fils, incapables de subvenir à leurs besoins, tombent peu à peu dans la misère. Lui, n'arrive pas à trouver un travail et elle, dépense le peu d'argent qu'il reste, sans réussir à admettre qu'elle perd tout. Un roman sur le monde des nécessiteux qui refusent de se voir en pauvres.
L’Arbre vengeur continue à republier l’œuvre d’Emmanuel Bove (décédé en 1945). Un récit qui aborde la spirale infernale de la déchéance sociale avec un examen d’une grande finesse psychologique du rapport névrotique à l’argent et de la solitude. Un récit très dur qui passe par des grandes phases d’arpentage de Paris pour trouver de l’argent (s’en faire prêter) et des rencontres avec des personnages secondaires très intéressants.
Auteur plein de nuances et sensible. A lire ce livre-ci, ou Mes amis ou Le pressentiment, trois de ses récits phares.
Bove, Emmanuel. - La coalition. - L’Arbre vengeur. - 334p. - 18€

Henning et Albert, deux vieux garçons de 68 et 73 ans, mènent une existence simple mais heureuse, en pleine campagne suédoise. Ils vivent chichement grâce à une modeste pension et aux petits travaux que leur confie le châtelain local, propriétaire entre autres de leur « bicoque ».
Amateurs de tabac à chiquer, ils semblent appartenir à un autre siècle. Ils n’ont jamais quitté leur village et vivent comme au XIXe siècle, sans confort ni technologie.
C’est ce décalage et leur bon sens paysan qui donnent à ce récit verve et piquant. Leur routine est brutalement rompue par la transformation de leur maison natale en centre de désintoxication pour femmes alcooliques et par une folle rumeur que les deux frères ont involontairement fait naître : le champ de colza voisin serait un lieu de débarquement extraterrestre…
L’auteur a beaucoup de succès dans son pays. Son écriture simple et pleine d’humour est au service d’une comédie faussement frivole. Sans cesse, la satire sociale affleure dans ce roman fort plaisant et dépaysant (sans mauvais jeu de mots !).
Brunk Holmqvist, Karin. - Colza mécanique. - Mirobole. - Traduit du suédois. - 251p. - 19,50€

Pour trouver une réponse à leur désir d’enfants, Salim et Nadia un couple d'Arabes israéliens ont déposé une demande d’adoption, et se voient confier un jeune garçon de huit ans autiste, Nathanael. Au fil du temps, le couple découvre que l’enfant est loin d’être orphelin, mais malgré les difficultés, ils s’attachent à lui, et réciproquement. Peu à peu, le trio apprend à se connaître et à s'aimer.
Quand ce dernier sort de son mutisme, il chante la chanson « Lucy in the sky with diamonds » des Beatles. Des cousins de Nathanaël venus lui rendre visite  apprennent à Nadia et Salim que l'enfant est issu d'une famille juive ultraorthodoxe dont les parents un peu farfelus, se battent pour la garde de l'enfant.
L'on découvre avec plaisir la société israélienne à travers une suite de péripéties et de personnages rocambolesques. Ceux-ci nous transportent avec bonheur, humour et douceur dans un pays si souvent raconté sous un angle beaucoup plus sombre.
Carmi, Daniella. - La famille de Yassine et Lucy dans les cieux. - L’Antilope. - Traduit de l’hébreu. - 191p. - 17€

POUR :
Minuit en mon silence est un hommage à l’écrivain-soldat Alain-Fournier, mort sur front à l’âge de vingt-sept ans au tout début de la guerre en septembre 1914. Yvonne de Quiévrecourt fut l’amour contrarié d’Alain Fournier qui la fit vivre sous les traits d’Yvonne de Gallais dans son unique roman Le grand Meaulnes.
Le récit est une longue lettre, datée du 28 septembre 1914, adressée à une certaine Else, le plus souvent appelée «Madame», une femme française dont il devait faire le portrait si la guerre n'avait pas éclaté. Lors de sa dernière nuit de paix, Heller, lieutenant prussien, écrit avant d’être envoyé au combat et à la mort. Il représente tous les jeunes hommes engagés dans la défense de leur patrie. Cet amour vécu avant de disparaître sonne comme une consolation pour lui et non un arrachement à l’être aimé.
Très joli livre au style soigné, on sent que l’auteur sait manier la langue. Une très belle lecture.
CONTRE :
Lundi 28 septembre 1914: un lieutenant allemand, peintre dans la vie civile, est envoyé au front. C’est en pressentant sa mort imminente qu’il écrit au cours d'une nuit une longue lettre d'amour. Il s'adresse à une femme française dont il préparait un portrait avant le début de la guerre et qu'il est persuadé de ne plus jamais revoir.
Pierre Cendors est un auteur français né en 1968, remarqué notamment pour Archives du vent paru chez le même éditeur. Romancier, poète et nouvelliste, il a été distingué par le Prix Alain-Fournier en 2011.
Ecrit tel un poème en prose, cette courte fiction ne manque pas d’images sensibles, ni de réflexions parfois fulgurantes, en particulier sur le thème de l’amour. Cependant, la beauté du verbe cède le pas à trop d’égarements et trop de prétentions de langage, me semble-t-il. C’est une réaction personnelle : la lecture a été très difficile malgré mon goût pour la poésie. Au lecteur de se faire un autre avis ?
Cendors, Pierre. - Minuit en mon silence : lettera amorosa. - Le Tripode. - 120p. - 13€

Une trace dans le ciel est inspiré de la vie de l’aviatrice Maryse Bastié, une des figures les plus populaires du XXe siècle et tombée inexplicablement dans l’oubli. Agnès Clancier retrace l’ascension de cette femme libre exemplaire.
Le 21 mars 1944, la Gestapo l’arrête avant qu’elle ait eu le temps de prévenir les autres résistants. Pour se couper du monde, elle se remémore son parcours parmi les premiers noms de l’aviation.
Elle tombe amoureuse de Louis, pilote qui accepte de faire son baptême de l’air, mais refuse qu’elle apprenne à piloter. Mais un homme l’emmène faire des loopings ! Elle n’a qu’une hâte, être aux commandes. Le 29 septembre 1925, elle obtient son brevet de pilote et décide de passer sous le pont transbordeur de Bordeaux pour se faire remarquer. Elle entame ainsi une série de défis qui visent à repousser les limites. Les clients sont rares, elle souffre du manque d‘argent, mais parvient à s’acheter un avion, sa Trottinette. Avec sa rage de vaincre, elle enchaîne les records à travers le monde. Au bord du malaise, dans le vacarme et les vapeurs, luttant contre le sommeil et les douleurs, Maryse Bastié tient 38 heures d’affilée.
Sous l’Occupation, elle se déclare « indestructible » et s’engage comme agent de liaison à la Croix-Rouge et apporte médicaments et dons à Drancy. Elle refuse de céder à la peur et ignore les avertissements pour se cacher.
L’auteur fait corps avec son héroïne, nous fait ressentir son exaltation, son entêtement, sa souffrance, sa solitude. Son style mêle introspection et descriptions stimulantes de vol.
Lisez ce roman palpitant pour redécouvrir cette pionnière de l’aviation hors norme, qui a enchaîné une dizaine d’impressionnants records du monde, dont celui de l’endurance, qui ne lui sera jamais repris.
Clancier, Agnès. - Une trace dans le ciel. - Arléa. - 271p. - 20€

Le docteur Schwarzberg, juif polonais, a émigré à Haïti en 1939 à la faveur d’un décret gouvernemental, qui autorisait les consulats à délivre des passeports aux Juifs. En 2010, après le séisme, il retrouve la petite-fille de sa défunte tante Ruth et accepte de revenir pour elle sur l’histoire familiale.
Les prix pleuvent sur ce roman, à juste titre ! C’est assurément mon coup de cœur de l’année. L’auteur est un poète qui sait manier la langue. C’est un véritable bonheur de lire ces lignes qui nous conduisent, hélas, vers l’inexorable fin d’un livre qu’on ne se résout pas à quitter…
C’est aussi une histoire qui tient le lecteur en haleine. Il s’agit d’une saga familiale, celle des Schwarzberg, famille juive qui se voit obliger de fuir le nazisme, de Lodz à Berlin et Paris.
Cela peut manquer d’originalité, des récits de ce type, on en a déjà lu pléthore ! Certes, mais celui-ci nous fascine littéralement par son style et par le fait que l’on découvre une part méconnue de l’Histoire, celle d’Haïti, île qui a réussi à s’affranchir de toute sorte d’esclavage et qui, bien avant la guerre de 1939-1945, a offert l’hospitalité aux juifs persécutés en les naturalisant Haïtiens.
Attention chef d’œuvre !
Prix du livre France Bleu-Page des libraires, prix Orange du livre.
Dalembert, Louis-Philippe. - Avant que les ombres s’effacent. - S. Wespieser. - 290p. - 21€

Albert Vajs et plusieurs autres sont des enfants de l’holocauste. Des années après, ils échangent de diverses manières sur ce qui leur est arrivé, en se demandant comment un tel mal a pu s’abattre sur eux… au point qu’ils recherchent le Diable en personne.
Un livre primé, mais assez étrange. Les réflexions s’enchaînent et sont en premier plan, on ne fait que deviner l’histoire en filigrane, on la reconstitue au fur et à mesure. Le texte est aussi rempli d’allusions à la kabbale et de mysticisme. Il est parfois difficile de déterminer ce qui tient du roman pur ou de la thèse soutenue par l’auteur. La narration peut paraître soit « capilo-tractée » soit poétique et symbolique, selon la sensibilité du lecteur. Quoi qu’il en soit, l’histoire de chacun des personnages reste très touchante.
David, Philip. - La maison des souvenirs et de l’oubli. - V. Hamy. - Traduit du serbe. - 187p. - 18€

Suite à un drame personnel, Jane décide de changer de vie. Elle démissionne et recherche un nouvel appartement. Devant ses faibles revenus, l’agence immobilière lui propose d’emménager au One Folgate Street, une maison conçue par un célèbre architecte adepte du minimaliste. Pour cela, elle doit (et devra régulièrement) remplir un questionnaire aux questions étranges et intimes, et se soumettre à plus de deux cents règles de vie très strictes. Cela lui convient, mais elle n’était pas préparée à ce que le propriétaire occupe une place de plus en plus importante dans sa vie, et encore moins à apprendre que la précédente locataire était décédée dans la même maison, dans des circonstances étranges. Surtout que celle-ci lui ressemble comme deux gouttes d’eau…
Le récit se découpe en deux : un chapitre sur l’avant, avec Emma. ; un chapitre sur le maintenant, avec Jane. La construction parallèle des deux récits, dont les ressemblances sont plus que troublantes, intrigue et est magistralement orchestrée. Le lecteur est pris dans l’histoire de ces deux femmes, et va de surprise en surprise. Bien vite, l’ambiance oppressante et mystérieuse du One Folgate Street emprisonne le lecteur tout autant que les narratrices.
Le roman s’inscrit dans la même lignée que Les apparences, de Gillian Flynn ou encore Avant d’aller dormir de S.J. Watson.
Delaney, J.P. - La fille d’avant. - Mazarine. - Traduit de l'américain. - 430p. - 22€

La famille de Ramounet, qui s’est sédentarisée au fil du temps, vit dans le quartier gitan de Perpignan. Célos (la maman) et les enfants y ont leurs habitudes et s’accommodent fort bien de ce confort assez relatif, mais pour Ram, le besoin de voyager est vital. Il prend le prétexte de la grossesse non désirée de sa fille adorée Marioula pour lever l’ancre, emmenant à sa suite toute la famille dans un camion de fortune, direction l’Espagne ! L’ «aventure» commence et la route réservera bien des surprises à nos apprentis nomades…
Vivant et coloré, mais parfois aussi empreint d’une certaine nostalgie, à l’image de la communauté des gitans, ce roman au style vif est d’une lecture très agréable. Il ne vous laissera peut-être pas forcément un souvenir impérissable, mais il a le mérite de l’efficacité et de la légèreté. Beaucoup moins ennuyeux, moins glauque et nombriliste que certains ouvrages encensés par la critique, c’est un livre idéal pour l’été. A consommer sur la plage, à l’ombre d’un parasol, ou ailleurs…
Erra, Ramon. - Far west gitano. - Asphalte. - Traduit du catalan. - 201p. - 21€

Franz, commissaire de police a dû quitter Munich pour des raisons disciplinaires. Il se trouve donc à s’ennuyer un peu dans son village natal où il ne se passe pas grand-chose. Il vit chez son père et sa grand-mère. Entre les promenades de son chien Louis II, le bar du village et son bureau à la mairie, la vie est plutôt cool depuis qu’il a retrouvé ses vieux copains.
Mais son instinct de limier le rattrape quand les membres de la famille Neuhofer meurent les uns après les autres de façon « anormale ».
L’enquête en elle-même est, il est vrai, un peu légère, mais le ton de cette comédie policière et la galerie de personnages valent largement le détour.
Faulk, Rita. - Choucroute maudite. - Mirobole. - Traduit de l'allemand. - 241p. - 19,50€

Encore un roman initiatique et d’apprentissage pour jeunes adultes !
Années 80, Donald, jeune garçon introverti, mais curieux et aventureux, est passionné par la nature et l’histoire/géo. Il vit avec ses parents au milieu de nulle part dans une communauté de fermiers du grand Ouest du canada. L’observation est son plus grand passe-temps. Féru de lectures techniques, il a envie de savoir tout sur sa région et entame une véritable campagne de fouilles archéologiques en quête de vestiges d’animaux préhistoriques et de traces des amérindiens : ainsi prend peu à peu naissance son « Petit Musée de la Prairie ».
On suit son parcours de l’enfance à l’adolescence dans un milieu rude mais beau, à travers ses rencontres et ses découvertes.
Dans la deuxième partie, nous le retrouvons adulte inscrit (naturellement !) à l’université d’archéologie.
Ce roman de « Nature Writting » au rythme lent et à l’écriture recherchée et méticuleuse a un charme certain.
https://www.babelio.com/livres/Gindre-Pas-declairs-sans-tonnerre/952024
Gindre, Jérémie. - Pas d’éclairs sans tonnerre. - Zoé. - 233p. - 17€

Ethan vit seul avec une maman, Claire, très aimante. A l’école, il se fait remarquer par son amour des étoiles et son intérêt pour la physique quantique, ses camarades l’appellent Stephen Hawking. Un jour, au cours d’une bagarre, son univers éclate et il se retrouve à l’hôpital où l’on fera un diagnostic curieux, à savoir qu’il est plus que surdoué et a des pouvoirs de « voir » les phénomènes scientifiques !
En même temps, il rencontre son père, Mark, qu’il n’avait jamais vu, père écarté de son fils et envoyé en prison pour avoir fait subir au bébé le syndrome de l’enfant secoué. Son monde vole en éclat, avec la révélation de ces secrets de famille. Mark continue à nier les faits et Claire à le rejeter, bien que l’attraction reste très forte entre eux… La rencontre père-fils se passe très bien. Finalement, après de nouveaux examens à l’hôpital, les visions de l’enfant ne seraient que des effets physiologiques…
C’est un roman qui joue sur la carte de l’émotion et sur celle de dons surnaturels. L’intérêt, pour moi, est dans la relation entre les trois personnages qui rebondissent entre eux comme des particules physiques ou célestes, la reconnaissance de la faute et la rédemption.
2eme avis :
Un premier roman australien très émouvant. Une belle découverte !
Ethan, un jeune garçon passionné d’étoiles et de physique quantique, a du mal à s’intégrer à l’école et se fait beaucoup chahuter car il est un enfant « différent », très fragile, doué d’une intelligence exceptionnelle. Il vit seul avec sa mère qui le couve et ignore tout de son père jusqu’à que celui-ci le contacte un jour. Le personnage d’Ethan est touchant et l’on s’attache beaucoup à se pré-adolescent très courageux.
L’auteur nous donne au compte-goutte des informations sur l’histoire de cette famille décomposée et de l’événement qui a bouleversé leur vie.
Ce roman d’apprentissage traite d’un thème difficile (qu’on ne peut pas dévoiler sans spolier l’intrigue) avec beaucoup de délicatesse
Un coup de cœur pour jeunes adultes, mais pas que !
Hayes, Antonia. - La vie étoilée d’Ethan Forsythe. - Autrement. - Traduit de l’anglais (Australie). - 490p. - 22€

Bagdad, 2004 : l’anarchie règne, le territoire est occupé par les soldats américains à la recherche d’armes de destruction massive. Saddam Hussein a été capturé et exécuté. Les Irakiens se partagent entre soldats de la nouvelle armée à la botte des américains, l’ancienne Garde républicaine de Saddam qui se cache, la population civile qui survit comme elle peut, certains se reconvertissant dans des trafics en tout genre. Les extrémistes islamistes ne sont pas loin.
Au cœur de ce chaos, Dagr, Kinza et Hamid fuient Bagdad et Hassan Salemi (fanatique religieux qui a pris un certain pouvoir à Bagdad). Hassan venge la mort de son fils tué accidentellement par Kinza (alors qu’il visait un mystérieux sérial killer). Du coup, ces trois-là décident de rallier Mossoul, un trésor inestimable y aurait été caché par les Druzes. Hoffman, un GI grotesque mais futé, les aide dans leur périple.
On trouve dans ce livre un mélange d’histoire, d’aventure et d’humour. A la fois très riche et prenant, il dénonce l’absurdité de la guerre en Irak en 2003. Les personnages sont attachants, bien que pleins de vices, voire complètement immoraux. On découvre la société, les conflits entre communautés (chiites, sunnites, druzes) et ses racines mésopotamiennes. Ce roman est aussi une épopée, celle de la quête du trésor druze, prise à moitié au sérieux par les protagonistes. Serait-ce un canular comme cette guerre ?
Hossain, Saad Z. - Bagdad, la grande évasion !. - Agullo. - Traduit de l’anglais (Bangladesh). - 373p. - 22€

Le lieutenant Kubler, ancien du quai des Orfèvres, muté à Rouen, sa ville natale, est chargé de résoudre un problème de pollution des eaux afin d’éviter l’affolement des usagers. Un petit plaisantin déverse des colorants -non toxiques- vert fluo, puis roses dans le réseau d’eau rouennais. Suivent un meurtre, puis un second, peut-être liés à cette pollution volontaire… Kubler doit régler le problème au plus vite bien qu’il ne soit pas spécialiste en géologie, et suit la belle Melody, spéléologue, qui lui explique ainsi qu’au lecteur les secrets du karst.
L’histoire nous entraîne dans les milieux politico-financiers dans une Normandie peu connue. Ce roman s’avère instructif concernant les soucis inquiétants de pollution de l’eau et de dégradation des ressources. On apprend beaucoup sur le sous-sol de cette région, et ce livre apporte des notions passionnantes d’hydrogéologie, accessibles à tous.
«Un premier polar qui dresse le terrible constat d’une dégradation nationale de nos ressources.» France Culture, Paso Doble
«Un livre policier qui se déroule dans les sous-sols crayeux à un rythme soutenu, loin des intrigues parisiennes : David Humbert, géologue et journaliste scientifique, nous fait entrer dans un univers complexe et passionnant sans oublier de convoquer le suspense et l’humour ! » Page
Humbert, David. - Karst. - L. Levi. - 384p. - 20€

Née dans une petite ville du Nord de la Nouvelle-Zélande, Jean Batten était destinée à une carrière de danseuse. Mais la découverte de la griserie de l’aviation a changé sa passion. Partie avec sa mère à Londres pour intégrer une école de danse, toutes les deux se privent de tout pour que Jean suive des cours de pilotage. Son acharnement, sa séduction lui permettent de percer, de se faire prêter un avion et de battre le record du trajet le plus rapide entre Londres et la Nouvelle-Zélande. On croise tous les grands de l’aviation qui sont séduits par son énergie et son courage, mais elle essuie des échecs sentimentaux à vouloir faire passer sa passion avant tout. Avec l’arrivée de la deuxième Guerre mondiale, elle est un peu oubliée et erre avec sa mère entre les Caraïbes, l’Espagne et Les Baléares.
C’est un roman passionnant, plein de force et de courage et du dévouement d’une mère qui a sacrifiée sa famille pour elle. On partage avec Jean les souffrances des vols, des escales régulières pour l’essence au milieu de nulle part, ses angoisses quand le peu d’appareillage de l’époque ne répond plus et que l’océan approche… ainsi que d’être une femme dans un milieu d’hommes.
Kidman, Fiona. - La fille de l’air. - S. Wespieser. - Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande). - 466p. - 25€

C’est le plus beau jour de sa vie : Gwansu, ivre de bonheur, épouse Sonyong, qu’il aime depuis toujours. Il l’avait rencontrée treize ans auparavant. Mais… C’est le moment où Sonyong lance son bouquet vers les demoiselles d’honneur. Gwansu remarque que la tige d’une orchidée est brisée, et que Sonyong tourne la tête vers Jinu, son meilleur ami. Gwansu est même sûr qu’elle lui a souri. Mauvais présage ? Le jeune marié est en proie au doute et à la jalousie et rien ne peut l’en détourner.
Kim Yeonsu, auteur coréen, a déjà publié deux romans en France, dont Si le rôle de la mer est de faire des vagues, récit très émouvant d’une jeune Coréenne adoptée à sa naissance par un couple d’Américains et qui part en Corée à la recherche de sa mère.
Avec ce roman, Kim Yeonshu s’amuse avec ses personnages, pleins de fraîcheur et qui semblent parfois si naïfs. Il analyse leur comportement, anticipe leurs réactions. Avec humour, et beaucoup de finesse, il décrit le sentiment amoureux avec son cortège de doutes et de jalousie.
Une jolie comédie romantique, très agréable à lire, et une analyse subtile des rapports amoureux.
Kim Yeonsu. - Tu m’aimes donc, Sonyong ?. - S. Safran. - Traduit du coréen. - 206p. - 19€

Le jeune Halgato vit dans un camp tzigane aux confins de la Slovénie où l’on survit comme on peut. Le petit tient de son père un violon blanc et un talent certain. Son demi-frère lui semble décidé à se sortir du camp par l’école. Mais peut-on changer de destin quand on est Tzigane ?
Un roman qui a été adapté au cinéma en 1990. On suit une population pauvre, vivant d’expédients et de menu larcins. Les personnages utilisent un langage très cru qui peut rebuter, mais cela fait réellement partie de la peinture de cette société.
On peut être déçu du tournant que prend l’histoire, mais c’est justement ce que cherche l’auteur : un fabuleux destin est à peine esquissé pour Halgato, et il disparaît à tout jamais, pour n’être plus évoqué. On peut tout de même se laisser porter par l’histoire.
Lainscek, Feri. - Halgato. - Phébus. - Traduit du slovène. - 235p. - 17€

L’Humain est un animal qui ne supporte pas la solitude. Tel pourrait être le fil rouge de ce roman qui décrit l’exil, la pauvreté, les ravages de la guerre, la naissance soudaine puis la chute d’une amitié sincère. Deux hommes, pleins de rêves et d’espoir, lorsqu’ils marchent de concert, disparaissent au monde lorsqu’ils n’ont rien que la faim pour compagne. L’instinct de survie n’empêche pas les amis de s’entre-tuer.
Andreas Latzko était austro-hongrois et ami de Stefan Zweig. Son roman paru en 1932, traduit de l’allemand, est réédité aujourd’hui. C’est un bijou presque philosophique, au verbe parfait. L’histoire bouleversante reste en mémoire telles les gravures sur bois magnifiques de Robert Antral qui illustrent l’ouvrage.
Latzko, Andreas. - La marche royale. -La Dernière goutte. - Traduit de l’allemand. - 63p. - 10€

Ce thriller se passe en Islande au moment de la déroute financière et de l’éruption du volcan.
Sonja voit sa vie aussi partir en déroute, surprise par son mari avec son amante, elle est mise à la porte avec un droit de visite limité pour son fils. Pour envisager de le récupérer et s’enfuir, elle accepte de passer de la drogue en jouant sur l’échange de valise à l’aéroport, vêtue en working woman élégante. Seulement, elle ne réalise pas qu’un douanier, Bragi, a été intrigué par son manège et la surveille. Espérant avoir mis de côté suffisamment d’argent, elle veut rompre son contrat, mais c’est impossible et ses commanditaires lui en demandent encore plus. Elle ne sait pas qui est le grand patron de ce trafic, son amie vit avec culpabilité et honte leur relation homosexuelle et, en plus, celle-ci est épinglée pour avoir participé au krach boursier et risque la prison.
Complétement piégée, Sonja atteint le fond quand le douanier lui demande une part de ses gains contre son silence, car il veut reprendre chez lui sa femme atteinte de la maladie d’Alzheimer. Au bord du gouffre, elle découvre qui manigance ce trafic et n’a qu’une solution à mettre en œuvre au plus vite !
Un vrai thriller, aux personnages attachants, pas un chef d’œuvre, mais on ne le lâche pas.
Lilja Sigurdardottir. - Piégée. - Métaillé, Noir. - Traduit de l’islandais. - 335p. - 21€

29 histoires très courtes sur le mariage et le divorce. Elles abordent tous les personnages autour du divorce : le mari et la femme, mais également les enfants, les « remplaçants », les amis, la famille. La réaction de chacun est mise en avant dans les différentes histoires. Les enfants dans « Les œufs de Pâques », deux petites filles discutent du divorce des parents de l’un d’entre elles. Elles en concluent qu’avoir des parents divorcés c’est mieux : plus de chocolat à Pâques, plus de voyages, plus de cadeaux… Dans « Je vous souhaite un joyeux divorce », un couple décide de divorcer en faisant une fête comme pour leur mariage, car finalement un divorce n’est rien d’autre qu’une nouvelle vie qui commence…
Katarina Mazetti aborde de nombreux aspects du divorce avec beaucoup de réalisme, c’est triste et drôle à la fois. Le divorce est une nouvelle vie pour beaucoup,  synonyme de liberté. Ce qui manque le plus après le divorce, ce n’est pas tant la personne avec qui on était mariée, mais le mariage en lui-même.
Mazetti, Katarina. - Petites histoires pour futurs et ex-divorcés. - Gaïa Traduit du suédois. - 233p. - 20€

Le directeur d'un grand quotidien mexicain, surnommé le Vieux, proche du pouvoir et de toutes ses manigances, ne supporte plus la vue d'un cadavre depuis qu'il a vu, jeune, celui de sa mère. Se sentant proche de la fin de sa vie, il fait revenir son fils près de lui. Celui-ci, par esprit de provocation, a choisi comme métier d’être la doublure de défunts au cinéma. Le Vieux a aussi des ennuis avec des tueurs rivaux, des opposants politiques et dans ses propres troupes, divers ambitieux qui rêvent de sa place, et avec sa deuxième épouse, Milady.
Ce roman noir (pas policier : l’enquête y est plus une toile de fond) fait partie d’une trilogie « mexicaine » de l’auteur. Il peut néanmoins se lire seul. Le récit est fait par le fils. Le style est enlevé, coloré, grinçant. Malgré les ellipses dans le fil de la fable, la peinture de tous ces personnages hauts en couleurs et tous fort peu fréquentables fait qu’on suit ces aventures criminelles avec amusement, malgré les situations épouvantables décrites.
Menjivar Ochoa, Rafael. - Le directeur n’aime pas les cadavres. - Quidam, Les âmes noires. - Traduit de l’espagnol. - 168p. - 17€

Que feriez-vous si vous découvriez un cadavre ? L’auteur nous propose de répondre à cette question en mettant en scène cinq personnages qui passent régulièrement près de la berge d’un fleuve. Chacun d’entre eux découvre la femme aux escarpins rouges, morte à priori depuis peu. D’un point de vue sociologique, ces personnes sont différentes (âge, sexe, milieu social,…). D’un point de vue psychologique, leurs raisons sont différentes. Et toutes décideront de passer leur chemin, de laisser le cadavre où il est, sans alerter la police, ni agir d’aucune façon. Mais il n’est pas si facile de vivre avec cette lâcheté. C’est pourquoi la vie de chacun s’en trouvera impactée. Jusqu’à ce que chacun se demande : ne faudrait-il pas retourner à la berge (tel un assassin retournant sur le lieu de son crime) ?
Comme l’annonce la quatrième de couverture, c’est « un roman efficace et malin, qui mêle avec naturel réflexion sociologique et comédie à l’italienne ». Bien construit jusqu’à sa chute intelligente !
Mogliasso, Rosa. - Si belle, mais si morte. - Finitude. - Traduit de l’italien. - 132p. 14,50€

Tuan, quarante ans, est un vietnamien exilé en France. En marchant dans la forêt de Chantilly, sur les pas de Gérard de Nerval, il se remémore sa vie au Vietnam, juste après Dien Bien Phu (raconté avec subtilité dans le précédent roman). Ses parents assassinés par des brigands, ses chères tante et cousine emmenées de force chez les Vietcongs par leur père et mari, les destructions, les morts, les souffrances, les essais désespérés de garder un peu d’humanité, tous ses souvenirs affluent dans sa tête. Ce qui a sauvé Tuan, c’est son amour de la littérature et de la poésie, particulièrement celle de Nerval. Le souvenir de son grand-père qui l’a élevé lui est aussi d’une grande aide, il est pour lui comme le plaqueminier de leur jardin, les racines loin dans la terre et les branches loin dans le ciel !
Emigré en France, Tuan se pose la question de l’utilité de l’écriture et de la poésie, avec un parallèle avec la situation post-nazi en Allemagne pour les écrivains. Il est tenté par le suicide, mais, une nuit au bord des étangs de Commelles, il se sent investi de « l’impératif à l’écriture pour rester dans le flot de la vie où toutes choses peuvent renaître ».
C’est un roman d’une immense douceur malgré la violence du sujet, d’une grande beauté et luminosité de l’écriture, comme le précédent.
Nguyen, Hoai Huong. - Sous le ciel qui brûle. - V. Hamy. - 174p. - 18€

La quatrième de couverture présente très bien le roman : « Moustafa al-Shorbagi, journaliste égyptien, la trentaine, vient de se séparer de sa femme. Un soir de veille au bureau, il voit l'un de ses collègues se métamorphoser en un étrange personnage qui se présente comme le dernier des sultans ottomans, venu lui confier une mission : retrouver l'un des sept feuillets de la sourate de Marie pour revivifier les forces de l'islam. Commence alors pour Moustafa un voyage initiatique qui le mènera là où il ne s'attendait pas : à la redécouverte de l'érotisme et de l'amour passionné.
Partition symphonique et décalée dédiée au Caire, « la ville-monde », conte fantastique, manifeste politique, Le Livre des cercles est avant tout un roman arabe actuel qui pose des questions brûlantes : que signifie être un jeune musulman arabe dans le monde globalisé d'aujourd'hui ? Comment retrouver un islam vivant, libéré des rituels et interdits qui oblitèrent sa spiritualité ? »
Pas facile à lire à cause de nombreuses digressions. La langue très vivante parvient à faire se côtoyer des expressions de niveau (très) familier et des citations d’auteurs classiques arabes. Un roman qui projette le lecteur au cœur de la ville du Caire et de la société arabe, qui rappelle aussi certains éléments historiques et qui raconte également l’histoire d’un homme. Un roman atypique.
Rakha, Youssef. - Le livre des cercles : quand l’histoire fait des siennes dans la cité martienne. - Zoé. - Traduit de l'arabe (Egypte). - 437p. - 25€

Depuis la mort de sa femme et de sa fille, tuées lors d’un attentat qui a fait exploser l’avion au bord duquel elles voyageaient, Alan Tealing, professeur de littérature, a mis sa vie entre parenthèses.
Insatisfait par les conclusions du procès, il mène sa propre enquête, à tel point qu’il consacre une pièce entière de sa maison à la documentation qu’il entasse année après année.
Quand vingt après, un espion atteint d’un cancer en phase terminale frappe à sa porte et lui donne l’adresse du témoin capital de l’affaire, il ne peut s’empêcher d’aller le débusquer jusqu’en Australie.
Est-ce que cela mettra enfin un terme à sa quête pour pouvoir reprendre le fil de sa vie ?
Comment peut-on vivre quand un événement mondial a un effet sur sa vie personnelle, comment faire quand votre entourage vous demande de lâcher ce qui est devenu une obsession, comment dépasser un chagrin aussi écrasant et continuer à vivre ?
Dans les circonstances actuelles, après les attentats qu'a connus la France, la lecture de ce roman  nous trouble particulièrement à travers le personnage d’Alan, qui nous semble profondément humain et proche.
Robertson, James. - Le chercheur de vérité. - Métailié. - Traduit de l’écossais. - 298p. - 21€

Un homme abandonné et analphabète conquiert peu à peu sa liberté et sa dignité.
Les habitants du quartier d’Arimathie aux Antilles se sont habitués aux cris nocturnes terrifiants et lancinants de Joseph, le personnage principal, un colosse fragile un peu « simple », emmuré en lui-même et exclu dont nous suivons les élucubrations.
Sa mère s’est suicidée de désespoir, après que son père l’a quitté tout jeune pour se remarier en France. Il a des demi-frères de ce second mariage qui le considèrent comme un esclave dès qu’ils viennent en vacances en Martinique. Joseph doit s’émanciper de ses terreurs enfantines pour progresser, tenir debout et s’aventurer petit à petit vers les autres.
Nous voyons évoluer autour de Joseph toute une galerie de personnages et de portraits, au cours de ses étapes initiatiques : une prostituée, un petit garçon, la bibliothécaire qui lui apprend à lire. Les embuches et les erreurs de parcours vont aussi s’accumuler en entraînant parfois des drames…
L’histoire est très forte. La langue est très belle, l’écriture vive et poétique.
Rudefoucauld, Alain-Julien. - Joseph libéré. - La Dernière goutte. - 201p. - 17€

Sur la mort de Vincent Van Gogh, tout a été écrit. Sur celle de son frère Théo, terrassé par le chagrin, des litres d’encre ont été aussi déversés. Mais personne n’a évoqué ce qu’il advint de Johanna Van Gogh-Bonger, épouse de Théo, qui vécut un double veuvage tant le lien entre les deux frères était fort. Après la disparition de son mari dans un hôpital psychiatrique d’Utrecht, la jeune femme décide d’ouvrir, à quelques kilomètres d’Amsterdam, une auberge qui lui permettrait, à elle et à son bébé de un an, de survivre. C’est là qu’elle réunit les lettres de Vincent, qu’elle accroche aux murs ses toiles. Nous sommes en 1891 et certains voyageurs de cette fin de siècle s’arrêtent volontiers dans l’agréable demeure. Déconcertés, ils regardent ces tableaux aux couleurs inattendues qui jusque-là n’ont pas trouvé d’acquéreur, ni à Arles ni à Paris. Des tableaux dédaignés et même voués par certains au bûcher, tant ils paraissent «démoniaques». Cette exposition loin du monde des critiques prétentieux et pontifiants permettra au peintre de connaître enfin une gloire posthume.
Ce roman porte en lui une grande part de documentaire à travers  nombre de détails et d’extraits de journaux intimes, ce qui le rend d’autant plus vivant. Mais c’est également le portrait d’une femme courageuse, volontaire et tenace qui fit vivre l’œuvre de Van Gogh dans l’espoir que le public reconnaisse sa force et son génie. Pourtant, les deux frères tellement liés l’un à l’autre ne lui rendirent pas la vie facile.
«Il ressuscite Johanna que rien ne prédestinait à ce combat, mêlant à la reconstitution minutieuse de ce singulier destin son journal intime et les prodigieuses lettres de Vincent à Théo.» Le Figaro Magazine
«Un portrait de femme absolument merveilleux, bouleversant.» Le Magazine de la santé
Sanchez, Camilo. - La veuve des Van Gogh. - L. Levi. -Traduit de l’espagnol (Argentine). - 160p. - 16€

Dans l’Italie de l’après-guerre, alors qu’elle fait des repérages pour le cinéaste Luchino Visconti, Goliarda Sapienza découvre un modeste village, hors du temps et niché tout près de Naples : Positano. Elle y fait la connaissance d’Erica, une jeune femme qui allait devenir pendant près d’une vingtaine d’années une sœur d’âme.
Longtemps après la disparition de son amie, elle se lance dans l’écriture de ce roman, lequel ne sera publié que vingt ans après la mort de l’auteur, en 2015. Ce livre est une double déclaration d’amour : à un lieu et à une femme. C’est un récit muri, de ceux qui sont écrits longtemps après les faits, empreint de réflexion mais également de la nostalgie d’une certaine époque. Contrairement à L’art de la joie ou à L’université de Rebibbia, ce livre est moins universel et vraiment intimiste. Il n’en reste pas moins un moment fort de lecture, pour qui a envie de plonger dans l’univers de ce grand auteur et de façon plus large dans l’Italie des années 50 et 60.
La maison d’édition Le Tripode a décidé de republier toute l’œuvre de Goliarda Sapienza laquelle n’a connu le succès qu’après sa mort (en 1996) et suite au succès connu en France L’art de la joie.
Sapienza, Goliarda. - Rendez-vous à Positano. - Le Tripode. - Traduit de l’italien. - 255p. - 19€

Shemlaheila, cueilleuse de thé indienne dans une plantation sri-lankaise, devient orpheline. Pleine d'ambition, elle veut partir en Angleterre, afin d’apprendre la langue, étudier et revenir ouvrir sa boutique de thé en Inde. C’est une jeune femme combattive et déterminée à vivre à sa guise, après le traumatisme qui a forgé son caractère.
Fuyant sa condition, Shemla rencontre des personnes qui lui permettent de réussir, que ce soit dès sa traversée vers l'Angleterre ou lorsqu'elle est au service des Rosay : Twinny vieille dame pleine de bon sens et d'amour, perd peu à peu son autonomie, mais connaît des moments de joie partagée avec la jeune héroïne.
On suit également un noble Anglais, ingénieur qui est aussi professeur à l’université où étudie Shemla. Le jeune homme tombe amoureux de la cueilleuse, mais pourront-ils avoir un avenir commun ?
Parallèlement à ce récit à Londres, on suit une autre cueilleuse de thé, Pokonaruya, épouse du contremaître, qui souhaite s'en débarrasser discrètement et garder la dot. Datu-Guemi détruit la vie de plusieurs femmes. Car, en plus d'effectuer un travail pénible, les cueilleuses sont soumises au sadisme des kanganis, les contremaîtres chargés de les surveiller, qui considèrent les femmes comme des choses destinées à assouvir leurs pulsions sexuelles et colériques. Cette violence faite sur les plantations semble être la norme…
Ce roman aborde la condition des femmes, le déracinement et l'adaptation à un nouveau pays. La barrière de la langue, les différences de climat, de culture, les difficultés à trouver du travail, l'exploitation des immigrés... Shemla, perdue dans ce nouveau monde, se rend compte que la vie en Occident n'est pas aussi belle que ce qu'elle avait imaginé et que certaines choses malheureusement ne changent pas. Les immigrés exploités dans leurs pays d'origine ne trouvent parfois qu'un ersatz de liberté dans le pays d'accueil. La différence est que cette exploitation se déroule sous couvert des « bonnes manières ».
Plus qu'une romance, Cueilleuse de thé est une histoire poignante, couronnée du Prix du livre romantique. L’auteur nous fait ressentir des émotions intenses et dénonce la condition misérable de ces femmes.
Après cette lecture, vous ne savourerez plus le thé comme avant.
Sauvage-Avit, Jeanne-Marie. - Cueilleuse de thé. - Charleston. - 309p. - 18€

Ce n’est pas un roman, mais le récit d’un meurtre particulièrement abominable commis en Angleterre en 1993, par deux enfants sur un autre de deux ans. Les deux enfants de dix et onze ans avaient emmené dans un supermarché un jeune enfant et l’avaient trainé jusqu’à un terrain vague. Quelques passants les avaient interpellés, car le petit James pleurait, mais sans suite, malgré la différence de condition évidente des enfants.
L’auteur, journaliste, s’intéresse à ce type d’affaire, pour essayer de comprendre l’inimaginable et saisir comment les petits meurtriers pourraient être sauvés, avoir une rédemption. Elle a d’ailleurs déjà travaillé sur le cas d’une jeune meurtrière, dans Une si jolie petite fille.
Elle rencontre les familles des enfants, la famille du petit James. Elle suit l’enquête et le procès. Elle relate les faits sobrement et factuellement. Elle met en cause le système judiciaire anglais. Le récit est bref et va à l’essentiel, sans pathos, mais avec cette interrogation bouleversante : comment deux petits garçons peuvent par jeu et avec préméditation tuer un enfant qu’ils appellent « le bébé » ?
Un livre qui ne laisse pas indemne.
Elisabeth Georges a repris cet horrible fait divers dans un de ses romans.
Sérény, Gitta. - La balade des enfants meurtriers. - Plein jour. - Traduit de l’anglais. - 122p. - 13,50€

Inspiré de faits réels, le raid des Turcs en Islande au XVIIe siècle, l’auteur réécrit la destinée de Guoridur.
Jeune épouse et mère de famille, Guoridur vit harmonieusement sur une des îles Vestmann. Jusqu’au jour où débarquent des pirates turcs qui pillent, brûlent, tuent et séquestrent des habitants. Suite à cette nuit d’horreur, Guoridur se retrouve sur un navire avec son fils de quatre ans et 400 autres séquestrés. Le navire les conduira jusqu’à Alger où une vie d’esclave les attend. Guoridur parviendra-t-elle à survivre à sa captivité et aux durs labeurs de sa soudaine condition dans un pays hostile ?
Un vrai roman d’aventures ! J’ai tremblé, souffert et espéré, je me suis révoltée et battue au fil des pages en compagnie de Guoridur. Vivement la sortie du second volume !!!
Steinunn Johannesdottir. - L’esclave islandaise. - Gaïa. - Traduit de l’islandais. - 393p. - 23€

C’est un roman pour les vacances, un roman qui fait du bien.
Rose, 36 ans, rencontre Colette, et devient également la dog sister de Pépette, une bête à poils surprotégée par sa maîtresse Véronique.
Véronique est une jeune femme tyrannique, égoïste, obsédée par son physique et ses déplacements professionnels, mais c’est aussi la fille de Colette.
L’univers de Rose va s’ouvrir avec cette jolie rencontre avec Colette. Grâce à elle, Rose essaie de communiquer plus avec son fils, mais également lui parler de son père qu’il n’a pas connu.
C’est un roman plein de bons sentiments, à emporter dans sa valise.
Valognes, Aurélie. - Minute Papillon !. - Mazarine. - 259p. - 18€

Ghitta Tagliavini, vieille propriétaire d’une pension de la via Saffi, est découverte assassinée dans son appartement. Le commissaire Soneri enquête sur cette affaire qui lui rappelle la disparition de sa propre femme Ada, il y a des années.
Un roman qui invite à la promenade, comme le précédent de l’auteur, Le fleuve des brumes. Mais là, nous restons sur terre, visitant le vieux Parme, et le passé du commissaire Soneri. Le passé d’une Italie faite de petites gens qui croyaient aux lendemains qui chantent l’Internationale. Ces gens de peu qui vivotent dans une société clivée entre riches et pauvres, entre beaux quartiers et zones populaires où viennent s’entasser les villageois en recherche d’emploi. Un monde où l’on croit en Dieu et aux guérisseurs, là où les secrets sont lourds à porter…
L’auteur et son personnage mélancolique-taiseux ont bien du mal à se sortir de ce passé que le meurtre de la vieille Ghitta remet au goût du jour. Cette flânerie policière semble moins réussie que le précédent opus. On sent davantage les longueurs et le commissaire est englué dans une enquête qui le touche de trop près. C’est tout de même un livre honnête qui se laisse lire. Idéal pour les vacances…
Varesi, Valerio. - La pension de la via Saffi. - Agullo, Noir. - Traduit de l’italien. - 313 p. - 21,50 €

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