Commission Petits éditeurs BiB92 - Sélection septembre 2026
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POUR
A 47 ans, Clothilde apprend, horrifiée, qu’elle a une arthrose généralisée ! Comme elle se trouve trop jeune non pour ces problèmes, elle fait appel à ses amies pour lutter et élaborer un plan d’attaque pour combattre la vieillesse qui s’annonce. La mission « Désengrenâge » est lancée ! L’autrice nous fait partager ce coaching thématique, sur l'alimentation, le sport, l'arrêt du tabac, …La vieillesse est le thème de ce livre, mais sur un ton résolument optimiste, plein d'entrain ; Clothilde manie humour et auto-dérision... C’est pétillant, la vieillesse est inéluctable mais préparée, peut se faire dans la sérénité. Des thèmes universels qui résonneront pour toutes celles qui ont du mal à assumer psychologiquement. L’autrice nous offre une vision positive et rafraîchissante de ce cap symbolique. Roman très juste, drôle, touchant et plein de bienveillance, qui donne envie d'accueillir les années qui passent avec le sourire.
CONTRE
Avec un titre pareil, il semblait évident qu’on allait souvent rire malgré le sujet… Ce n’est pas ce qui s’est produit dans mon cas. Clotilde découvre à 47 ans qu’elle a de l’arthrose, ce qui au-delà des douleurs ressenties, l’atteint moralement. Pour ne pas se laisser abattre, avec son groupe d’amies, elle se lance dans l’opération « désengrenâge ». Des fiches sont insérées dans la narration avec des conseils pour prévenir et vivre avec les signes de l’âge ; par exemple l’opération roseau pour l’arthrose. Alors certes, il y a des jeux de mots qui font sourire, au début du moins, mais après 180 pages, j’ai arrêté ma lecture, sautant à la conclusion ; « j’ai l’impression d’avoir l’avenir devant moi ». J’attendais autre chose de ce livre que des lieux communs et des conseils type Santé magazine.
Achard, Virginie. - Rides aux éclats. - Maison pop. - 349 p. - 20 €
Nord du Cameroun, à la fin des années 1970. Amal n’a que trois ans lorsqu’elle prend conscience de ses origines : son père est camerounais et sa mère égyptienne. Tout au long de son enfance, Maama, comme elle la surnomme, s’efforce de préserver les souvenirs de sa famille restée en Égypte. Amal grandit ainsi entre héritage arabe et traditions peules. Au fil des années, elle découvre progressivement les attentes qui pèsent sur elle. À l’adolescence, son avenir semble déjà tout tracé. Espoir est un récit autobiographique dans lequel Djaïli Amadou Amal revient sur cette période de sa vie. À travers son regard d’enfant, elle observe le monde des adultes, marqué par les injonctions, les contradictions et les paradoxes. Dans son univers, l’école et la lecture occupent également une place importante dans son éducation et nourrissent sa soif de connaissance. Avec beaucoup de simplicité et sans dramatisation, l’autrice donne une dimension intime à son œuvre littéraire. Son expérience lui permet d’aborder avec justesse la condition des femmes et les violences auxquelles elles peuvent être confrontées sur le continent africain. La plume fluide de Djaïli Amadou Amal accompagne le lecteur jusqu’au cliffhanger final.
Amadou Amal, Djaïli. - Espoir. - Emmanuelle Collas. - 236 p. - 22 €
Une année sur l'Atlantique pour s'éveiller au monde et aux autres. Après Tant qu'il reste des îles, le retour de Martin Dumont à l'écriture de la mer. Un jour, Martin et Aïda prennent deux décisions a priori incompatibles : faire un bébé et traverser l'Atlantique. Progressivement, ils quittent leur emploi, vendent leur appartement et achètent un bateau. Un enfant naît et déjà, il est l'heure du départ. Accompagnés d'un petit équipage, ils hissent la voile. De Lorient aux Caraïbes, s'ouvre une année en suspension guidée par l'humeur de la météo, l'âpreté des flots, la grâce fragile des paysages et le bonheur de vivre ensemble. C’est un beau récit de voyage que nous présente l’auteur, plus personnel et intime cette fois, fort en émotions et en sensations. Nous le suivons dans ses choix de vie : faire face aux dangers des éléments (la mer déchainée), ses questionnements sur sa responsabilité familiale, son désir d’évasion. Je me suis laissée « embarquer » aux côtés de ce trio très attachant, dans cette aventure humaine exceptionnelle. Son style est fluide, précis et efficace, parfois poétique.
Dumont, Martin. - Prendre le large. - Les Avrils. - 192 p. - 19 €
Shizo Kanakuri, jeune japonais élevé durement par ses parents, est remarqué pour ses aptitudes sportives et envoyé comme représentant du Japon pour le marathon des JO de 1912 en Suède. Ne parvenant pas à finir ce marathon, ayant peur du déshonneur, il se cache sous une fausse identité, s’engage dans la légion puis est embauché sur une île japonaise pour s’occuper de cerisiers, où il fait sa vie. S’inspirant de faits réels (Shizo Kanakuri a vraiment tenté le marathon de 1912, sans le finir), l’auteur se dégage très vite des faits pour offrir au lecteur la vie d’un homme seul, qui aura toujours du mal à entrer en contact avec les autres (même lorsqu’il se marie). Il n’y a que dans la nature qu’il trouvera une consolation et également dans son mode de vie : ce héros, au hasard des rencontres, parviendra à vivre sans horaires, au fil de l’eau, sans pour autant se laisser aller. Le roman est réconfortant, bien écrit. On se laisse porter par la vie harmonieuse du héros qui arrive à s’extraire de la honte de ne pas avoir fini le marathon jusqu’à ce qu’il soit invité à Stockholm plus de cinquante après. Un récit original, surprenant et dépaysant.
Faggiani, Franco. - Le gardien de la colline aux cerisiers. - Paulsen. - Traduit de l’italien. - 212 p. - 21 €
Etats-Unis, 2005. On suit la famille Zarkades : Jolene et Michael et leurs deux filles, Betsy 12 ans et Lulu, 4 ans. Jolene est militaire, pilote d’avion dans la Garde nationale et Michael est avocat. Au bout de douze ans, leur couple s’essouffle, au point que Michael dise à Jolene qui ne l’aime plus. Ce qui la blesse terriblement. Puis Jolene est envoyée en Irak. Michael, qui n’a jamais approuvé la vocation de sa femme, lui demande de démissionner, mais pour Jolene c’est hors de question, elle respectera son engagement. Tandis qu’elle pilote un hélicoptère pour transporter des soldats, et essaie de rassurer sa famille en leur disant qu’elle est loin du front, Michael prend en charge la vie familiale avec l’aide de sa mère. Jolene revient d’Irak gravement blessée et sa meilleure amie qui l’accompagnait en Irak, est dans le coma. Le retour s’avèrera amer. Jolene fait des cauchemars, victime de stress post-traumatique. Il s’agira pour elle de renouer avec sa famille à qui elle fait un peu peur et de faire preuve de résilience. En parallèle, Michael défend un client lui aussi victime de stress post-traumatique. Un roman touchant qui nous fait voir ce qu’est la guerre du côté des soldats, mais aussi les répercussions sur leurs proches.
Hannah, Kristin. - Au-delà du désert. - Charleston. - Traduit de l’anglais. - 541 p. - 23 €
Le roman commence par un court chapitre introduisant un Francis Scott Fitzgerald ivre, en train de parler à la tombe d’Irving Thalberg, le jour de la cérémonie des Oscars en 1940. Réduit à devoir écrire des scénarios pour Hollywood, les années 1920 semblent lointaines. Et s’il avait demandé à ce grand producteur d’adapter Gatsby le Magnifique, qu’est-ce que cela aurait donné ? Nous voici donc plongés en 1929, dans un songe où se croisent entre autres Ernest Hemingway, Zelda Fitzgerald, Picasso, Gatsby et Daisy. Car l’auteur entremêle l’histoire du film en train d’être tourné et la vie de Fitzgerald et les questionnements de Gatsby, créant un espace aux frontières mouvantes. Ce mélange entre personnages fictifs et réels, historiques, crée une ambivalence qui au début peut surprendre, mais est finalement assez fluide. Le faste et les fêtes du début des années 20 sont déjà loin, on sent poindre la crise de 29, les désillusions et difficultés à venir pour Scott et pour Zelda. Une histoire empreinte de mélancolie qui donne envie de relire Gatsby.
Hurstel, Daniel. - Un désir nommé Gatsby. - Le Cherche Midi. - 250 p. - 21 €
« Au début ça ne fait pas de bruit. Tu as l’impression que c’est possible, que les différences ne seront rien d’autre que ce que tu en feras, contre la société, contre ta propre famille. Tu ne vois que des obstacles mensongers, des fossés artificiellement creusés par d’autres, des mauvaises raisons, des schémas qu’il est possible de déconstruire. Malgré tout ça grossit, ça enfle… Dans le fond, tu sais bien tout ce qui te sépare de l’autre, mais tu refuses d’y prêter attention. Tu y vas, tu y vas, et puis… – Et puis ? » J’ai serré le coussin plus fort sur mon ventre. « Et puis tu ramasses les morceaux et tu écris. » Du coup de foudre à l’arrachement, en passant par les fugues et les retrouvailles, Caroline Laurent déploie la bande-son romanesque d'un amour aussi irrésistible qu’impossible. On y écoute Paolo Conte, Stravinsky ou Orelsan. Tout est nouveau, inédit, et pourtant on sait bien que l’amour chante toujours le même refrain. J’ai adoré ce roman ! (Sans grande surprise car la précédente parution de l’autrice, Ce que nous désirons le plus, avait été un coup de cœur !). Elle écrit le désir, la passion et le sentiment amoureux avec beaucoup de subtilité, de réalisme et c’est très beau ! Elle ne tombe jamais dans les clichés lus et relus sur le sujet. Ici, même si l’on sait dès le début du livre que cette histoire d’amour va mal finir, l’autrice parvient à nous happer dans son intrigue, on en vient à espérer qu’elle nous ait menti, forcément, ils vont finir ensemble ces deux êtres que tout oppose ! L’écriture est soignée, les personnages bien campés et comme le titre l’indique, la musique tient une place très importante dans ce livre pour le plus grand plaisir des lecteurs mélomanes, bref, c’est une réussite.
Laurent, Caroline. - Bande-son d’un amour féroce. - Buchet Chastel. - 291 p. - 19 €
Le livre de Sève c’est l’histoire d’une jeune fille Sève, vivant dans le Roncier, un lieu fermé où les femmes sont réduites à enfanter. Peu à peu, « les mots disparaissent », les rêves et les souvenirs du monde extérieur aussi. Avec sa sœur, Duramen, elle refuse cette existence et cherche à s’échapper. Sève parvient à sortir tandis que Duramen reste prisonnière. Roman très original et symbolique, dans lequel la nature reprend tous ses droits. C’est une quête où l’héroïne est amenée à repenser la place de l’être humain dans le monde, à questionner le pouvoir des mots qu’elle réapprend peu à peu et à mesurer la force de l’imagination. Conte écologique s’il en est, qui séduit par son atmosphère qui laisse une large place aux sensations, aux images et aux métaphores plutôt qu’à une narration classique.
Monsarrat, Charlotte. - Le livre de Sève. - Le Tripode. - 203 p. - 19 €
Quelle fresque historique et sociale dans la Corée du XXe siècle ! L’autrice, spécialiste de la péninsule et diplômée de l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), raconte la tragédie intime et assez extraordinaire de Mansu. De la libération du joug colonial japonais en 1945, à son arrivée au Japon aussitôt après, jusqu’à son retour en Corée du Nord, l’héroïne incarne à la fois la grande Histoire et la tragédie intime. Puissante et bien documentée, l’œuvre combine espionnage, idéologies (communisme versus capitalisme), drames familiaux et évocation du moi profond, sensible et tyrannique. Mansu est polyglotte, lettrée et nageuse hors pair ; en conséquence, elle intègre les services secrets nord-coréens. Et puis, les décennies s’enchaînent (le roman est dense et long, 500 p. couvrant la période 1945-1999), les lieux apparaissent pour disparaître (Jeju à Nagoya, de Pyongyang à Séoul, jusqu’à Hong Kong), et l’héroïne triomphe toujours -souffrant toujours. Seul petit bémol : peu de rebondissements, sauf à la fin bien naturellement- et quelle fin !
Morillot, Juliette. - Entre la terre et le sang. - Les Presses de la Cité. - 528 p. - 22,50 €
Lisa Ridzen raconte les derniers jours d’un vieil homme qui vit chez lui, et dont le quotidien est rythmé par le passage d’aides à domicile et par les visites de son fils Hans. Des vagues de souvenirs lui reviennent : les moments avec sa femme, qui a perdu la mémoire et vit en maison de retraite, et avec son fils encore enfant, mais surtout sa propre jeunesse, auprès d’un père très dur et d’une mère qu’il a aimée. Son chien Sixten lui tient compagnie mais son fils menace de le lui retirer. Le lecteur suit, jour après jour, le lent déclin de cet homme qui a du mal à exprimer ses sentiments, mais auquel il finit par s’attacher. C’est une méditation sur la fin d’une vie, qui invite aussi à s’interroger sur la place des personnes âgées, de plus en plus nombreuses, dans la société, et en particulier sur celle des hommes dans les régions rurales, qui n’ont pas fait d’études et qui subissent les évolutions technologiques dans une société à la cadence de plus en plus effrénée.
Ridzen, Lisa. - Les grues volent vers le sud. - La Peuplade. - Traduit du suédois. - 432 p. - 23 €
A travers le personnage de Cécilia, l’autrice catalane décrit la condition des femmes dont la vie est enchainée à celle des hommes. Cécilia, abandonnée devant la grille d’un jardin et recueillie par un couple, gardera toujours une part un peu sauvage dans sa personnalité ainsi qu’un regard neuf, comme celui d’une enfant, sur le monde. Elle s’enfuit avec le premier homme qui la charme, mais elle tombe trop vite amoureuse, ne cessant de tenter de combler le manque affectif lié à sa naissance et tombe dans la prostitution, (sans que jamais le terme n’apparaisse). Chaque homme rencontré voudra la mettre en cage et la posséder. Cette jeune femme, dans les années 60 en Espagne, tente en vain de briser les frontières sociales et de tromper sa solitude. L’autrice excelle dans la description des jardins et des fleurs qui les parsèment ainsi que des maisons et des cafés, comme autant de lieux qui accueillent ou qui enferment, qui protègent ou qui étouffent. Une autrice majeure de la littérature catalane !
Rodoreda, Mercè. - Rue des Camélias. - Zulma. - Traduit du portugais. - 256 p. - 21,50 €
L’histoire s’ouvre sur le personnage Nikolaï Todorov, professeur qui suite à un coup de tête après une soirée désastreuse, décide de quitter sa ville et son travail, sans savoir où aller. Très peu sûr de lui, se sentant insignifiant et écrasé un peu par la légende de son père, il n’a jamais vraiment rien osé. Il se retrouve dans une région multiculturelle du nord-est de la Bulgarie. Son épopée l’amène à rencontrer des personnes qui ont connu son père, tomber amoureux, échapper de peu à la mort et être arrêté. Au-delà de cette histoire plaisante à lire, on rencontre des personnages hauts en couleurs, parfois fantasques, qui témoignent de la complexité et d’un pan de l’histoire qui touche l’autrice tout particulièrement, étant bulgare d’origine turque. Tout l’intérêt de cette histoire est bien là : la découverte d’une petite portion de l’histoire de la Bulgarie et la bulgarisation forcée des minorités turques et tsiganes. Premier roman
Sadk, Eminé. - Caravane pour corbeaux. - Agullo. - Traduit du bulgare. - 288 p. - 21 €
Ce premier roman d’un auteur suisse, infusé de références bibliques (Moïse, Saint-Esprit, étoile du Berger), entrelace l’univers du conte merveilleux (forêt, personnages symboliques) avec une écriture résolument moderne. La rareté de la ponctuation, proche du style du Norvégien Tarjei Vesaas, mais aussi de celui de Jon Fosse et de ses monologues intérieurs, répond à l’épure du récit. Elie et son oiseau, qui s’est envolé, évoquent le corps et l’esprit. Le récit s’ouvre sur l’abattage d’un arbre par le père, comme sur une métaphore polysémique, à la fois de l’arbre généalogique et de l’arbre de la connaissance…avant qu’Elie ne s’enfonce dans une forêt et ne soit entouré de multiples arbres. A la fin, tout s’accélère, la nuit tombe et Elie n’a toujours pas retrouvé son oiseau. Les différents motifs et épisodes se mélangent alors comme dans le final d’une partition musicale, jusqu’à l’élévation finale.
Sollberger, Jonas. - Viens Elie. - Minuit. - 135 p.- 17 €
« Google » a accompagné son maître durant 14 ans au quotidien dans son foyer, mais aussi dans son métier. C’est cet attachement réciproque qui va bien au-delà d’une relation habituelle entre un animal domestique et son propriétaire que retranscrit Valentin Spitz. En 2011, alors qu’il traverse une profonde crise existentielle, l’auteur acquiert dans un élevage un Cavalier King Charles, prénommé « Good luck », mais qu’il rebaptise « Google », année des G oblige. Son chien est aussi calme que lui est agité, deux personnalités complémentaires : « toi, dès cet instant, tu m’as calmé et tu n’as jamais cessé ». Devenu psychothérapeute, ce compagnonnage insolite ne s’arrête pas à la porte de son cabinet, « Google » y a son panier au pied de son maître. Celui-ci s’émerveille tous les jours du lien profond qui s’établit entre l’animal et certains patients. Comment les caresses et l’attitude intuitivement adaptée à chacun de « Google » apaisent, mettent en confiance, et participent de la réparation d’humains traumatisés ou mutiques. Son petit chien s’avère un thérapeute hors pair. Ce récit profondément sensible émeut par son authenticité, par le deuil impossible à faire d’un compagnon de vie à qui est rendu un vibrant hommage. Valentin Spitz questionne avec pertinence l’indéfectible amour qui peut se nouer entre un animal et un être humain et déconstruit ainsi préjugés et stéréotypes
Spitz, Valentin. - Le petit chien thérapeute. - Arléa. - 115 p.- 17 €
Les Freeman, l’une des rares riches familles noires du Connecticut, ont bien réussi jusqu'au drame : en 2000, alors qu’Ebby joue avec son frère Baz, 15 ans, des cambrioleurs surgissent et tuent Baz. Se brise alors la jarre en grès surnommée « l'Antique Mo » qui est dans la famille depuis six générations, racontant l'histoire de toute la famille, de l'esclavage à la liberté et à la réussite... Ebby, la petite sœur, tout comme ses parents, n’a jamais surmonté ce drame et c’est comme s’ils étaient arrêtés de vivre. Elle doit apprendre à ne pas vouloir effacer son passé mais vivre avec. Des années plus tard, Ebby a toujours du mal à se reconstruire après ce traumatisme. Elle part dans le sud de la France espérant se libérer de son passé. Là, elle retrouve par hasard Henry qui l’a abandonnée le jour de son mariage… Il vit avec Avery, qui n’est guère plus ravie de cette concurrente. La jarre en grès, symbole de liberté hérité d'un ancêtre, sert de fil conducteur au roman. Datant de l’esclavage, elle a été importée par un lointain ancêtre esclave potier en Caroline du Sud. Saga familiale captivante, construite sur plusieurs époques toujours datées pour former un kaléidoscope, à l’image de la vie. Roman très sensible et attachant. Le personnage d'Ebby est à la fois fascinant de force et de fragilité. On s'attache à elle très vite et on a envie de soutenir la famille, brisée par cette tragédie.
Wilkerson, Charmaine. - Une terre fertile. - Buchet Chastel. - Traduit de l’américain. - 505 p. - 25 €
