Compte-rendu de la commission cinéma et musique du 26 septembre 2019 à la Médiathèque de Boulogne

Étaient présents : Éric Mallet (Médiathèque de Puteaux), Marie Laurence Le Cardinal, Gauvain Sansepee, Marianne Soprana (Médiathèque de Boulogne), Arnaud Le Mappian (directeur des Médiathèques de Boulogne), Renaud Portet et Vincent Pelloux (Médiathèque de Courbevoie), Laure Schmitt (Médiathèque de Malakoff), Manuel Sanchez (Médiathèque de Malakoff), Nicolas Couval (Médiathèque de Villeneuve-la-Garenne), Sandrine Maggi (Médiathèque de Montrouge), Clément Chauvel (Médiathèque de Ville-d’Avray)


Sujets abordés :
En introduction, j’ai cité une déclaration de Manuel Chiche, distributeur et fondateur de la société « The Jokers » qui a distribué Parasite avec le succès que l'on sait. On lui a posé la question : « Vous avez vécu la gloire et la chute de la vidéo de très près. La vidéo physique a-t-elle encore de l’avenir ? » Sa réponse : « Non, mais on va l’accompagner dans sa petite mort, donc on va essayer de faire de jolies choses pour les derniers cinéphiles que cela intéresse. »
Une fois de plus la dématérialisation nous renvoie à la disparition des collections, ces collections qui sont le cœur du métier. On nous annonce que nous sommes à la veille d’un bouleversement total, les plateformes SVOD vont se multiplier en 2020, avec des programmes exclusifs (ex : The Irishman). Les bibliothèques vont faire face à des dispositifs qui fabriqueront moins d’œuvres artistiques mais qui déverseront du contenu par des canaux numériques.

Comment les bibliothèques sont-elles positionnées face à cette nouvelle technologie ?
Les sections cinéma et disques sont-elles vouées à disparaitre à jamais des bibliothèques alors que le livre va survivre ? Le champ d’action sera-t-il limité aux animations ? La survie des bibliothèques ne passe-t-elle pas aussi par la présence de bibliothécaires spécialisés ? Beaucoup de questions et peu de réponses…

Les bibliothécaires autour de la table ont à nouveau parlé des animations énumérées dans le dernier compte-rendu.

Enfin, Gauvain a longuement évoqué l’expérience de la VOD mise en place dans les bibliothèques de Boulogne en 2012, à l’occasion de l’ouverture d’une médiathèque de quartier. L’offre sélectionnée a été la Médiathèque numérique, regroupement d’Univers Ciné et de Arte = fictions (cinéma d’auteur et tout public) + documentaires. Gauvain a décrit le fonctionnement du site ainsi que celui de la plateforme « les yeux docs ». Je reprends ses propos : « La médiathèque numérique propose deux formules : le paiement à l’acte (nombre maximum de visionnages reportable l’année suivante et pas de limitation du nombre d’inscrits) et le forfait (nombre maximum de visionnages non reportables l’année suivante et nombre d’inscrits limité). Comme il est difficile d’anticiper le succès d’un tel service au moment de sa mise en place, nous avons démarré avec le paiement à l’acte, avec un nombre peu élevé de visionnages (500). Un an et demi après la mise en service (2014), ce nombre étant devenu insuffisant, le service a été interrompu pendant quelques mois, avant le passage à la formule supérieure. Dès que nous avons davantage communiqué sur l’existence de ce service, son utilisation n’a cessé d’augmenter (à ce jour, entre 700 et 800 films sont visionnés chaque mois par 250 à 300 utilisateurs). Le paiement à l’acte devenant trop cher (dès que l’on dépasse les 2200 visionnages annuels), nous sommes passés en 2016 au forfait.

Depuis, nous passons chaque année à un forfait supérieur. En 2019, nous sommes sur un forfait à 10000 visionnages annuels pour 1000 inscrits maximum (12610.80 € TTC). De 2 films visionnables par mois par personne en 2012, nous sommes passés à 5 en 2013, puis à 7 en 2017. Techniquement, pour les connexions avec fibre optique, les deux modes de visionnage (streaming et téléchargement) sont plutôt fluides. Pour les connexions hors fibre optique, le streaming peut rencontrer quelques difficultés lors des périodes de grande affluence et le téléchargement peut être parfois un peu long (minium 20 minutes pour un long métrage). Globalement, les usagers sont très satisfaits du service. Nous constatons l’augmentation du nombre d’utilisateurs du service qui ne renouvellent pas leur abonnement DVD. Quelques usagers s’inscrivent au réseau des bibliothèques uniquement pour bénéficier des ressources numériques. Nous sommes également abonnés depuis 2018 à la plateforme Les yeux doc (éditorialisée par la BPI, suite du catalogue national de films documentaires), qui propose uniquement du cinéma documentaire. Chaque usager peut visionner 5 films par mois. L’utilisation de cette nouvelle plateforme reste confidentielle mais nécessite d’être valorisée par d’autres moyens (via nos portails ou des projections sans acquittement de droits).

Nous allons démarrer en janvier 2020 un abonnement à la plateforme Tenk, qui propose du cinéma documentaire en streaming, avec des formules en consultation sur place ou à distance. Nous avons choisi la formule à distance. Les films sont visionnables sur la plateforme pendant une période limitée. De nouveaux films sont régulièrement intégrés régulièrement. » À la lecture de son compte-rendu, on constate que le modèle économique est difficilement viable puisque le succès engendre une augmentation régulière du budget. C’est pour ces raisons que bon nombre de collectivités ont mis fin à leur contrat avec la médiathèque numérique.

Depuis maintenant plusieurs années, l’association « Images en bibliothèque » cherche à pallier à l’inadaptation des plateformes existantes : médiathèques numériques, ADAV DIGITAL (achats de programme à un prix élevé et pour une durée limitée dans le temps) et souhaiterait lancer une plateforme nationale destinée exclusivement aux bibliothèques.
La démarche serait alors d’entamer un dialogue avec les ayant doits de programmes, organismes privés ou publics (L’INA par exemple).

À suivre...